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Apprendre la calligraphie…

La première fois que j’ai tenu une plume à la main et que j’ai tracé mon premier « a », eh bien j’avoue avoir été un peu surprise ! C’est à ce moment-là que j’ai mesuré toute l’ampleur de ma méconnaissance sur l’art de la belle écriture !

On a l’habitude d’écrire, c’est-à-dire de tenir un crayon à la main et de laisser couler le geste, sans trop réfléchir. Toutefois, apprendre la calligraphie, c’est surtout apprendre à tracer notre lettre, un trait à la fois. C’est une tout autre approche de l’écriture.

Ici, nous avons le ductus* de la première lettre de l’alphabet, pour l’écriture chancelière.

infographie sur la calligraphie_FB2

Voici 2 essais pour la lettre « a », avec mes commentaires.
La clé pour apprendre à calligraphier : observer ! et surtout, pratiquer !

infographie sur la calligraphie_FB

*Ductus : mot latin qui désigne la suite logique de l’ordre et la direction des lettres.

Délié : partie étroite de la lettre.
Plein : partie épaisse de la lettre.

Tailler la plume d’oie pour la calligraphie

Endroit ou trouve plume

Alors que je me promenais dans la campagne québécoise, je suis tombée par hasard sur une belle et grande plume! J’aurais aimé que ce soit celle d’une oie, mais elle appartient vraisemblablement à un faisan.

0-Plume

Qu’à cela ne tienne, sa longueur et sa solidité m’ont amenées à expérimenter ma première taille de plume! À travers mes recherches sur le sujet, j’ai trouvé une tonne de méthodes… Mais voici celle que j’ai retenue pour cette première expérimentation.

Première étape : mettre la plume dans de l’eau bouillante pendant environ 2h.

1-Eau bouillante 2h

Deuxième étape : arracher les barbules et le duvet.

2-Arracher duvet

Troisième étape : couper obliquement la plume côté ventre et côté dos.

3-Couper obliquement cote ventre et dos

Quatrième étape : vider l’intérieur du calamus (partie creuse de la plume).
Pour ce faire, je me suis servie des retailles restantes du bec de plume.

4-Vider interieur plume

Cinquième étape : inciser le côté dos, puis tailler le bec de la plume.

5-Tailler le bec

Sixième étape : inciser le bout du bec.

6-Inciser le bout en 2

Le résultat final!

7-Termine

Après quelques essais, j’ai retaillé ma plume de façon un peu plus propre et j’ai modifié un peu le bout car l’encre ne coulait pas sur le papier. La raison? le bout de mon bec était trop incurvé vers l’intérieur. Il doit être parfaitement droit pour bien adhérer au papier.

8-Test

Difficile de décrire la sensation d’écrire avec une vraie plume… C’est assurément un plaisir organique de sentir la connexion entre la plume et le papier, sans avoir à passer par le métal froid et sans vie d’un bec moderne.

Désormais, j’ouvre l’oeil pour trouver d’autres plumes!!

 

Parchemin ou vélin?

TanneursSource image : www.histoires-de-paris.fr

On me demande souvent la différence entre le parchemin et le vélin. Bien sûr, tous les deux sont issus de peaux d’animaux (mouton, chèvre, etc.).

Mais la principale différence réside dans leur rendu : le vélin est plus blanc et plus lisse que le parchemin. Il est prisé pour son aspect soigné et sa grande qualité. Les veaux morts-nés permettent de produire un vélin d’une grande finesse.

Pour réaliser le très connu Book of Kells, il a fallu abattre tout près de 150 bêtes. La création d’une bible complète pouvait impliquer la mort de 500 animaux!

Le mot parchemin proviendrait du lieu de résidence du roi Eumène II, la ville de Pergame (Asie Mineure, 195-158 av. J.-C.). Il serait le premier à avoir inventé les méthodes de traitement des peaux d’animaux — qui nécessitent de longues opérations qui durent des semaines.

Livre d’heures noir

Généralement peu connu du grand public à cause de leur rareté, il existe des enluminures aux teintes sombres appelées Livre d’heures noir.

Ces enluminures sont réalisées sur du parchemin ou vélin noir, résultat obtenu par trempage dans un bain métallo-gallique. Les pages de ces manuscrits sont généralement conservés entre des plaques de verre acrylique pour des raisons de conservation, à cause de l’action corrosive de la teinture noire sur le parchemin.

Surtout une production flamande du XVe siècle, qui allait dans le sens du goût élitiste de la cour de Bourgogne.